L'ÉDITO 2020 - 2021

Cher public,

À l’heure où j’écris cet édito, la France est confinée pour cause de COVID-19. Il nous est demandé de limiter nos interactions sociales afin qu’elles ne dépassent pas 2 personnes par jour pour briser les chaînes de contamination. Le TPE a donc fermé ses portes en mars et interrompu brutalement la saison des spectacles et l’actualité cinéma.

Aller au théâtre ou voir un film en salle, c’est vivre une expérience artistique partagée. Sentir que son voisin et l’ensemble des personnes présentes vibrent à l’unisson d’une émotion, d’une idée, d’un sentiment qui nous traversent collectivement. Nous expérimentons ainsi le sens de la communauté, de ses contradictions comme de ses aspirations communes profondes. Je suis intimement convaincu que la vie théâtrale est une métaphore de la vie sociale, sublimée par des artistes qui nous demandent de regarder le monde à leur manière et d’envisager de le construire autrement. Ce n’est pas simplement un loisir ou une activité de divertissement. Le théâtre est avant tout essentiel pour se retrouver. S’accorder le temps nécessaire dans le collectif, arrêter l’horloge et être unis.

Depuis l’Antiquité, l’espèce humaine a besoin de ce rituel. Les singes savants que nous sommes ne peuvent se contenter d’avancer à marche forcée vers le futur sans poser un regard sur ce que nous faisons. La culture est bien là pour que nos instincts primaires, nos pulsions égoïstes, nos réflexes de prédations soient mis sur la table. Que nous puissions en discuter, trouver des solutions, émettre des hypothèses et constater que l’on peut faire mieux, ensemble. Les artistes portent cette lourde tâche et les spectateurs participent à ce jeu de rôle à chaque fois que les trois coups retentissent.

N’est-il pas temps de reprendre le fil de l’histoire aujourd’hui ? Les crises nous rappellent ce qui est essentiel, ce qui fait sens, ce que nous devons préserver dans une quête spirituelle en mobilisant toutes les intelligences.

La saison 2020/21 participe à ce projet.

LA JEUNESSE URBAINE EN MOUVEMENT

La jeunesse du monde entier, du Brésil en passant par l’Égypte, les Comores, le Portugal ou le Nigéria réinventent nos codes. Elle propose des alternatives et fabrique des horizons enthousiasmants. Maquillages, masques et totem font et refont société dans une pulsation de vie qui nous redonne de l’espoir ! Suivez-les attentivement !

TRADITIONS ET FOLKLORE

Pour franchir les différentes étapes de l’existence, les rituels sont de mise. Frère et sœur, Nijinska et Nijinski nous donnent en offrande un banquet où l’on célèbre les noces de la danse, entre coutumes ancestrales et modernité fulgurante. La jeune chorégraphe Maud Blandel revisite la mythologie de la Tarentelle et nous transporte dans une transe collective. Enfin, avec Lamenta, Koen Augustinen et Rosalba Torres Guerrero reviennent sur les coutumes funéraires de la Grèce avec une présentation des danses et chants de lamentation qui entourent le deuil. Nous ne sommes pas seuls et l’art répond à nos souffrances et à nos doutes. Se régénérer et traverser les épreuves par une étreinte collective ont motivé l’ensemble de ces projets.

MERVEILLEUX

Comme la musique et le saxophone de Jan Garbarek ! Nous avons l’immense honneur d’inviter ce géant du jazz qui tisse des mélodies avec une sensibilité à fleur de peau. Vous aurez, assurément, la chair de poule en suivant les trois concerts consacrés à notre temps fort fado promis de longue date et bientôt dans l’actualité du TPE. Avec David Krakauer et sa clarinette klezmer made in New-York, il y aura aussi de la joie communicative et un esprit de fête. Le centenaire de la naissance d’Astor Piazzola sera lui aussi célébré comme il se doit avec l’invitation de la jeune bandonéoniste Louise Jallu qui lui rend un singulier hommage. Vous avez été nombreux la saison dernière à adhérer à notre parcours musical et celle qui s’annonce vous comblera dans cette traversée des genres entre jazz et musiques du monde.

LE TPE, SCÈNE CONVENTIONNÉE D’INTÉRÊT NATIONAL ART ET CRÉATION – DANSE

Pour conclure, un mot sur cette appellation que vous entendez parfois. L’année 2019 a permis au théâtre de signer une nouvelle convention de 4 ans avec la ville de Bezons, l’État – Ministère de la Culture et le Département du Val d’Oise. Il s’agit d’aider l’activité chorégraphique, dans son soutien à la création et à la diffusion. C’est ce qui donne une coloration danse à notre théâtre. Cette convention permet de pérenniser les fondations artistiques et financières, de favoriser l’audace et de s’inscrire dans un réseau national et international. Le TPE a été le premier théâtre francilien, en 1995, à bénéficier de ce dispositif appelé « plateau pour la danse » à l’époque. J’ai une immense fierté de continuer cette histoire avec votre complicité grandissante ! Merci de votre confiance et de vos encouragements !

Plus que les autres années, nous vous attendons avec impatience et il nous tarde de vous retrouver !

Sébastien Lab,
Directeur du TPE